Dans la plupart des banques privées suisses, les systèmes Core Banking — Avaloq, OLYMPIC, Temenos, Wize ou Efficience — sont des moteurs puissants pour gérer les opérations, exécuter les transactions et assurer la conformité. Pourtant, lorsqu’il s’agit de pilotage stratégique, ces mêmes systèmes montrent rapidement leurs limites. La donnée « brute » qu’ils produisent n’est pas directement exploitable pour la prise de décision.
Le problème n’est pas technique. Il est structurel.
La donnée du Core Banking : complète, mais pas exploitable
Les banques disposent aujourd’hui d’une quantité impressionnante d’informations. Mais pour analyser, comparer ou prendre des décisions, la donnée opérationnelle est souvent :
- Fragmentée entre plusieurs modules et sources
- Contextuelle (interprétation variable selon le service ou le moment)
- Difficile à réconcilier entre métiers
- Non conçue pour les usages analytiques modernes
Résultat : au lieu d’éclairer les décisions, la donnée crée des écarts, des interprétations divergentes… et des réunions interminables sur une seule question : « Quel chiffre est le bon ? »
Les mêmes notions ne veulent pas dire la même chose pour tout le monde
Dans de nombreuses banques privées, les KPIs les plus essentiels n’ont pas de définition uniforme :
- AuM
- NnM
- LiA
- Revenus
- RoA
- Marge
- Coûts
- Rétrocessions
Chaque département applique ses propres règles, ses filtres, ses exclusions. La multiplication des extractions Excel fait exploser les écarts et alimente une « guerre interne » sur les versions des chiffres — un problème classique dans les organisations dépourvues d’un modèle de données analytique.
La clé : ajouter une couche analytique intégrée au Core Banking
Pour être réellement utile au pilotage, une couche analytique doit remplir trois fonctions essentielles :
1. Standardiser les définitions
Un référentiel commun : KPIs, dimensions, règles métier, périodes, exclusions. C’est la base de toute gouvernance solide.
2. Tracer la donnée
Permettre à chaque décisionnaire de comprendre : d’où vient le chiffre, quelles transformations ont été appliquées, et comment les calculs sont réalisés. Sans cela, aucune confiance dans les chiffres n’est possible.
3. Mettre la donnée à disposition en continu
Plus de « one-shot Excel », mais une donnée prête à consommer, actualisée, connectée aux outils de pilotage et aux équipes — du front au management.
Résultat observé dans une banque privée suisse
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le gain principal n’a pas été l’apparition d’un énième dashboard. Le vrai changement : la fin des débats inutiles sur la “bonne version du chiffre”.
Une meilleure gouvernance des données, c’est moins de friction et plus de temps pour piloter réellement l’activité.
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